Le Burundi fait face à une aggravation de la crise des émissions des véhicules, alors que des camions, mini-bus et voitures vieillissants envahissent ses routes. Une étude récente révèle que l’âge moyen des véhicules lourds importés en Ouganda et au Burundi est de 37 ans, bien au-delà des normes régionales, avec de graves conséquences sur la qualité de l’air, la sécurité routière et la santé publique.

« Beaucoup de ces camions arrivent en fin de vie ailleurs, mais commencent une nouvelle vie sur nos routes », a déclaré Jane Akumu, coordinatrice de programme au Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) à Nairobi. Elle avertit que ces flottes vieillissantes augmentent la pollution, les accidents et les urgences sanitaires dans les zones urbaines.

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Comparaison régionale et normes des véhicules

Alors que les pays voisins appliquent des réglementations strictes, le Burundi accuse un retard. Le Kenya impose une limite d’âge de huit ans pour les véhicules lourds, tandis que la Tanzanie applique des taxes élevées sur les camions de plus de dix ans. Le Rwanda a mis en place des normes strictes d’émissions et envisage également des restrictions d’âge.

« Au Kenya, l’âge moyen des véhicules lourds est d’environ quatre ans. En Tanzanie, il existe une limite de dix ans avec des taxes dissuasives », explique Akumu. « Le Burundi, en revanche, continue de dépendre de véhicules anciens, contribuant fortement aux émissions et aux accidents. »

Mini-bus et voitures, principaux pollueurs

Dans la capitale et les grandes villes, les mini-bus — avec un âge moyen de 25 ans — ainsi que les voitures anciennes dominent la circulation urbaine. Ces véhicules ne disposent souvent pas de systèmes modernes de contrôle des émissions, libérant d’importantes quantités de dioxyde de carbone, d’oxydes d’azote et de particules fines.

Le résultat est un environnement toxique qui favorise les maladies respiratoires, les AVC et d’autres problèmes de santé. Le Dr Alex Ndyabakira souligne que la pollution de l’air devient une préoccupation sanitaire majeure.

Efforts gouvernementaux et défis

Eng. Immaculate Nyamaizi, inspectrice principale des véhicules au ministère ougandais des Travaux publics et des Transports, reconnaît la gravité du problème. Elle indique que des mesures de contrôle de l’âge des véhicules sont incluses dans les politiques nationales, visant à réduire les émissions de CO₂ d’ici 2030.

Cependant, l’application des règles au Burundi reste limitée. Jennifer Kisakwe, de l’Autorité nationale de gestion de l’environnement (NEMA), souligne que les véhicules anciens sont non seulement plus polluants, mais aussi plus dangereux en raison de leurs équipements de sécurité obsolètes.

Risques pour la santé et la sécurité

Le vieillissement du parc automobile affecte directement la sécurité des conducteurs et la santé publique. Les véhicules de plus de 30 ans manquent souvent de systèmes modernes comme l’ABS, un éclairage adéquat et des structures renforcées, augmentant le risque d’accidents.

Associés à des routes urbaines en mauvais état, ces véhicules représentent un danger pour les conducteurs, les passagers et les piétons.

Solutions pour des routes plus propres

Les experts recommandent plusieurs mesures pour réduire les émissions des véhicules au Burundi :

  • Appliquer des limites d’âge pour les véhicules importés

  • Développer les transports publics avec des bus électriques et modernes

  • Mettre en place des voies dédiées pour un transport urbain plus sûr

  • Renforcer les inspections techniques pour contrôler les émissions

La transition vers des transports plus propres permettrait de réduire la pollution et les accidents, tout en améliorant la circulation. Pour plus d’informations, visitez AfricaCarNews.

Sans réformes urgentes, le Burundi risque une aggravation de la pollution, des crises sanitaires et des accidents routiers. Pensez-vous que des limites d’âge plus strictes amélioreraient la sécurité et la qualité de l’air ? Partagez votre avis dans les commentaires !